Le lien oublié entre notre état d’être et notre corps

Claire Leproust est ostéopathe, dans ce reportage elle nous partage le lien subtil est primordial entre notre corps et notre vieLe corps est le reflet d’une vie, il nous suffit de l’écouter pour se laisser guider vers le bien-être.

1/ Le reportage

 

 

2/ La version texte

Michael :

Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro du site « Esprit et Psycho », aujourd’hui je rencontre Claire Leproust, une ostéopathe qui va nous parler du lien entre l’esprit et le psycho mais surtout entre la santé et le corps.

Parce que le corps est l’outil principal le plus sophistiqué que l’on puisse avoir et qu’on aura tout au long de notre vie.

Et donc justement vous qui êtes ostéopathe, comment en êtes-vous arrivée là, qu’est-ce qui vous a amené finalement dans ce métier ?

Claire LEPROUST :

En fait, moi je me destinais à des études de commerce international donc rien à voir à la base. Mais dans mes stages en entreprise en fait je me suis vite rendu compte que ce n’était pas ce que je voulais faire. J’avais envie de contacts humains. J’avais besoin de faire des rencontres mais pas du tout dans le commerce finalement. Donc je me suis interrogée, je me suis dit, bon, il faut que je réfléchisse à ce que j’aime, ce pourquoi je suis vraiment faite.

Comme depuis toute petite je touche tout le temps les gens je me suis dit : il y a peut-être quelque chose par là.

Je ne pensais pas que je pourrais puis en fait si et j’ai découvert les études d’ostéopathie. Je me suis lancée dedans et là j’ai vraiment trouvé ma voie.

C’était une évidence !

Michael :

Et donc justement ça veut dire que vous avez un lien très proche avec le corps. Quand on est ostéopathe, comment on interprète le corps ? Comment on le voit ?

Claire LEPROUST :

En fait, pour un ostéopathe, le corps c’est une unité. On le voit dans sa globalité. Ce n’est pas juste des pièces détachées qui sont les unes avec les autres. C’est vraiment des composants reliés les uns avec les autres.

Donc s’il y a un des composants qui est défaillant ça va perturber l’équilibre global du corps.

Donc on ne peut pas se permettre d’envisager de traiter un patient, de traiter une plainte, que ce soit une articulation ou un muscle, si on ne le met pas dans son contexte global.

Donc c’est pour ça qu’on va interroger sur les rythmes de vie du patient, sur ses antécédents, sur son bagage émotionnel, sur son état émotionnel de l’instant mais aussi de ses émotions passées.

Un ostéo voit le corps avec trois sphères :

La première sphère – c’est le corps vraiment physique.

Après il y a la sphère psycho-émotionnel.

Et la sphère du système nerveux autonome, c’est ce qu’on ne maîtrise pas c’est ce qu’on ne contrôle pas, donc c’est le rythme cardiaque, c’est le système hormonal tout ce qui est lié à l’inconscient, ce qu’on ne maîtrise pas consciemment dans le corps.

L’ostéopathie c’est de rééquilibrer ces trois sphères ensemble pour avoir une vitalité globale sur le long terme et redonner du mouvement, de la fluidité.

En fait le but est toujours le mouvement, toujours la fluidité et qu’il n’y est pas de barrage.

Michael :

Donc c’est un équilibre global qui est vraiment pris en compte. C’est-à-dire que votre métier sort complètement de l’aspect juste corporel. Et donc le corps est un retransmetteur, on le voit comme ça du moins, de par les émotions.

Quand on dit que le corps nous parle, est-ce que pour vous ça à la même résonance ?

Claire LEPROUST :

Oui, de toute façon le corps il nous parle tout le temps en fait.

Par exemple de manière positive. Il y a une émotion si on reçoit un sms d’une personne qu’on apprécie, qui nous a appris une bonne nouvelle, on va se mettre à sourire et ça on se rend même pas compte en fait on est content ça va mettre une cascade de réactions dans le corps de bien-être et là le corps parle, mais il parle de manière positive.

Après ça peut être : on met la main sur le feu ou sur une plaque chauffante et d’un seul coup notre corps, par notre système nerveux, nous fait nous retirer la main rapidement. Là c’est le corps qui parle aussi en fait c’est une alarme du corps pour dire « Attention ! Il y a un danger ».

Donc la douleur, elle est toujours là pour nous dire attention il y a quelque chose qui se passe ici. La douleur c’est important. Il y a une maladie grave où on ne sent pas la douleur. Donc on le voit chez les enfants qui sont atteints ils se mangent la bouche, ils se mangent la langue, ils se blessent, ils se brûlent, parce qu’ils n’ont pas conscience en fait de la douleur et qu’il faut protéger leur corps.

Michael :

Même par le biais des émotions ?

Claire LEPROUST :

Si, ils ressentent les émotions mais pas la douleur physique.

Donc en fait c’est dramatique. C’est vrai que souvent quand on a mal, quand on a une douleur, on s’en plaint, on n’est pas content, on aimerait que ça disparaisse.

Mais vraiment la douleur elle est faite pour nous protéger. En fait d’elle, dépend notre survie sur terre donc il faut savoir l’écouter.

Michael :

Et donc cette douleur elle est là pour mettre un lien entre le corps et l’esprit et notamment le corps et l’état être. On est ici pour en parler.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’aspect justement état d’être et corps c’est à  dire : Quel est le lien réellement intime, est-ce qu’il y a que les émotions ou est-ce qu’on peut aller plus en profondeur de par votre métier ?

Claire LEPROUST :

Tous les jours je vois à quel point le corps et les émotions sont reliés mais les émotions sont en lien aussi avec l’état d’être.

J’avais des exemples en tête, par exemple : un sportif qui va se blesser donc lui c’est vraiment le corps qui se blesse mais ne pas pouvoir retourner à son entrainement ça va entrainer une espèce de mal-être peut être un état d’abattement qui va agir sur ces émotions donc sur l’état d’être.

Ça peut être dans ce sens-là mais ça peut être aussi l’inverse :

Les émotions par exemple, d’être stressé, de sentir oppressé dans son travail par exemple ça peut entrainer des troubles digestifs. Ça peut entrainer aussi des tensions dans le cou, dans le dos.

Michael :

Et c’est une réaction en chaine qui se fait constamment.

Claire LEPROUST :

Voilà constamment et en plus ça peut être une suggestion. On peut commencer par exemple par être préoccupé donc on ne va pas faire attention où est-ce qu’on marche, on va se prendre le pied dans une ornière, on va se faire une entorse donc on ne va plus pouvoir marcher et se détendre le midi. Donc on ne va pas être bien et puis c’est là que s’enchaine un cercle vicieux.

Michael :

C’est là où l’on fait la part des choses entre la douleur, la souffrance.

Ce que vous dites finalement c’est que la souffrance est souvent engendré par un premier phénomène : la souffrance psychique ?

Claire LEPROUST :

Oui la souffrance psychique peut être la base un effet.

Michael :

En général, quelles sont les pathologies que vous rencontrez le plus souvent ?

Claire LEPROUST :

Le plus souvent c’est beaucoup des tensions cervicales, tensions du bas du dos mais quand même aussi beaucoup des tensions digestives, des spasmes. Aussi ça peut être les migraines, des maux de tête –

Les fameuses migraines du week-end. En fait quand toute la semaine on a tenu le coup, on était sous pression, on a travaillé et puis enfin le vendredi soir arrive et là on peut lâcher.

Michael :

Et c’est ça qui entraine les migraines,

Claire LEPROUST :

C’est le relâchement oui. Là, le corps peut enfin s’exprimer, il a enfin voix. On se dit « là je ne peux pas profiter de mon week-end » oui mais le corps il a besoin de lâcher.

Michael :

Ce sont des choses qu’effectivement on ne se rend pas compte. C’est l’effet aussi des vacances, on voit souvent dès qu’on arrive en vacances c’est là qu’on est malade.

Claire LEPROUST :

Oui, j’ai des patients qui prennent rendez-vous justement juste avant leurs vacances pour anticiper ce phénomène.

Michael :

Et donc pour vous il est préférable de traverser une émotion profondément, pleinement ou alors est-ce qu’il est préférable de justement d’en faire abstraction pour l’oublier ?

Claire LEPROUST :

En fait ce que je remarque c’est que beaucoup de patients sont déconnectés des sensations corporelles que les émotions induisent chez eux. Alors soit parce que c’est trop douloureux d’y prêter attention ou soit aussi parce que depuis très longtemps ça a été enfoui. On leur a fait taire leurs émotions souvent depuis l’enfance.

Je vois parfois au cabinet mais même en dehors, un enfant qui se met à pleurer on lui dit « arrête de pleurer » ou un enfant qui est en colère on lui dit « tais-toi ! arrête de crier ». Donc forcément ça induit des comportements chez l’adulte futur. Il prendra l’habitude de retenir, du coup il y a beaucoup d’individus qui ne sont plus reliés à leurs émotions. Ils ne savent pas écouter leur corps ils ne savent pas écouter le message que leur corps essaie de leur transmettre.

Et si on n’écoute pas ce message, il va essayer de venir de manière encore plus importante – encore plus fort. La douleur va s’intensifier et retentir de plus en plus.

Michael :

Ce fait, justement de ne pas écouter son corps, est directement lié à l’éducation.

Claire LEPROUST :

C’est pour moi une évidence, oui complètement.

Par exemple, si j’ai mon supérieur hiérarchique qui m’humilie quotidiennement et que j’ai eu l’habitude de restreindre ma frustration et ma colère. Ce que je vais faire, je vais serrer les dents je vais serrer la mâchoire, je vais ne rien dire, je ne vais pas lui répondre, je vais contracter mes épaules et puis je vais consulter l’ostéopathe parce que j’ai mal au cou.

Michael :

Donc je repousse tout au bout vers l’extérieur,

Claire LEPROUST :

Oui, en fait je n’ai pas pris conscience que j’avais mal au cou à cause de ça.

Donc moi mon but, ça va être ça : c’est de remonter le fil de l’histoire, de lui poser des questions et de comprendre ce qu’il ressent face à ce supérieur par exemple.

Michael :

On ne soigne pas un endroit ciblé. On soigne vraiment une vie.

Claire LEPROUST :

Oui une personne dans sa globalité.

Donc en effet si on écoute l’émotion, moi je vais amener le patient à conscientiser ce qu’il ressent. Ça va être de lui dire : « d’accord alors qu’est-ce que vous ressentez » – faites une pause à ce moment-là  et de vous dire « oui je me sens énervé, oui je sens ma gorge qui serre, oui j’ai envie de crier mais je ne peux pas, oui j’ai mal au cou ». Vraiment ressentir les sensations, que l’émotion envahisse vraiment le corps, la tête, l’esprit, que tout comme l’émotion est venue, elle a plus qu’une seule chose à faire c’est s’évanouir parce qu’elle a été finalement entendue.

Donc il faut accepter l’émotion. C’est plutôt accepter de ressentir l’émotion et surtout de ne pas faire abstraction.

Parce qu’une fois qu’on a accepté l’émotion c’est aussi là où on peut devenir acteur. Par exemple la personne avec son supérieur hiérarchique va pouvoir peut-être lui dire non, oser s’exprimer, aussi, peut-être, changer des méthodes de travail, vraiment devenir libre.

Michael :

Accepter paisiblement parce que de toute façon quand ça arrive à nous c’est qu’il y a un sens, c’est qu’il y a un besoin. C’est un signal d’alerte comme vous le disiez tout à l’heure.

Finalement vous avez répondu un peu à la prochaine question que je voulais vous poser c’est à dire : qu’est-ce que vous pourriez suggérer aux personnes pour les aider à traverser des moments paisiblement sans pour autant en avoir à passer par des douleurs ?

Claire LEPROUST :

Déjà toujours accepter l’émotion telle quelle est et la laisser venir.

Alors quand on n’a pas l’habitude en fait ça risque d’être assez violent, assez fort. On peut avoir l’impression de perdre pied tellement on a enfoui ses émotions. Ça peut être par exemple de la tristesse qui peut remonter à flot et des sanglots mais petit à petit le torrent va devenir rivière, ça va se calmer.

Pareil pour la colère, c’est souvent une émotion qui est très enfouie mais il faut absolument la laisser sortir. Alors pourquoi ne pas aller crier dans sa voiture, pourquoi ne pas aller dans la forêt et crier pour évacuer tout ça puis après, l’important c’est de revenir dans l’instant présent une fois qu’on a évacué. Parce que le passé c’est le passé on ne peut rien changer. Le futur on peut rien y faire non plus, on sait peut-être de quoi demain est fait mais pas plus. Quelque soit la pathologie quelque soit le traitement que l’on prend, il faut se reconnecter à son corps, être dans le ressenti – poser sa respiration sur l’instant présent,

Michael :

Arrêter finalement de redonner tout le temps sa vie aux autres et plutôt s’en occuper soi-même,

Claire LEPROUST :

Oui parce que plus on se reconnecte à soi et plus on prend conscience de comment l’on peut agir sur soi. On ne peut rien changer aux évènements, on ne peut pas changer les autres mais la seule chose, la seule personne qu’on puisse changer : c’est soi-même.

Michael :

Et donc si toutefois vous aviez un message à passer sur terre, on imagine que vous êtes sur une autre planète et qu’on vous dit, qu’on vous donne comme mission « il faut que vous envoyez un message pour les aider » ce serait lequel ?

Claire LEPROUST :

Moi je suis convaincue que plus on vivra en conscience, plus on comprendra que ce qui nous arrive fait sens et alors plus on va pouvoir se libérer de nos peurs, plus on sera libre en fait plus on vivra de manière sereine et apaisée.

Et qu’on peut arrêter de se faire du mal et commencer à se faire du bien.

Michael :

Ecoutez, merci beaucoup de nous avoir accueillis.

Merci à vous d’avoir suivi ce numéro de « Esprit et Psycho »

Je vous donne rendez-vous dans un prochain numéro !

Merci beaucoup, au-revoir

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