La douleur, une aide précieuse !

« …toute maladie est une confession par le corps » 

Oskar Wadyslaw de Lubicz Milosz / Cantique de la connaissance.(1) 

1/ Santé, l’affaire de tous !

Nous traversons tous des passages plus ou moins chaotiques en lien avec notre santé. Mais pour certain le chemin apparaît bien plus compliqué que pour d’autre. L’évolution des technologies et de la science a fait apparaître de nouvelles pathologies au sein de la santé humaine, les pathologies chroniques. Selon la CNAM (2), en France 20 millions de personnes seraient touchées par une pathologie chronique. Plus le temps avance et plus ce chiffre grimpe.

Pour beaucoup l’apparition de la la douleur et/ou de maladie est un fatalisme sur lequel ils n’ont aucun pouvoir. Beaucoup voient cet événement dans leur vie comme une difficulté, mais ce n’est peut-être pas le cas. Serait-il possible qu’il soit au final, une aide ? De plus en plus de témoignages viennent à nous démontrer que le passage de la douleur  et/ou de la maladie dans une vie peut être moteur.

Et ce moteur, c’est nous qui en avons les commandes

2/ La douleur aux yeux du monde moderne

Nous avons développé au fil des siècles des idées non fondées, qui au fil du temps se sont transformées en croyance. Aujourd’hui ces croyances se sont cristallisées dans les têtes du monde entier. Un effet de masse s’enclenche à partir du moment ou chacun vient à croire ce qui était au départ une supposition. Les croyances suivantes sont devenues une vérité pour tous. Mais sont-elles pour autant une réalité? Votre réalité ?

  • 1/ Croyance n°1 : La santé, c’est ne pas être malade.

    La pathologie et la santé sont les deux faces d’une même pièce. Elles ont toutes les deux le même objectif : notre bien-être.

 

  • 2/ Croyance n°2 : Aujourd’hui le patient pense que :

      • Le professionnel de santé est acteur de l’acte de soigner.

      • Le patient est spectateur de l’acte de soigner.

    Cette croyance aura traversé des siècles avant que l’ETP (3) vienne la remettre en cause de la façon suivante :

      • Le professionnel de santé est un acteur aidant de l’acte de soigner.

      • Le patient est l’acteur principal de l’acte de se soigner.

 

  • 3/ Croyance n°3 : (J.F d’Ivernois, R. Gagnayre 2016) « Nous savons que prévenir et guérir sont les deux composantes de l’acte de soigner…Cependant, les pratiques curatives ont souvent occulté les succès de la prévention, peut-être parce que guérir une maladie est plus spectaculaire que d’empêcher l’apparition » (4).

    Notre société nous pousse indirectement vers la consommation et le spectaculaire. Il est important pour nous de se réadapter avec le fond et non juste la forme de ce que nous vivons.

 

  • 4/ Croyance n°4 : ( N.Bensaid, 1981), on a développé dans la population la croyance selon laquelle la mort serait le résultat d’un processus pathologique et que s’il n’y avait pas de maladie, il n’y aurait pas de mort (5).

    Autrement dit, La maladie n’aboutirait qu’à la mort. L’ETP nous montre jour après jour que la maladie peut être un allié de l’humain pour le mener vers la vie. Nous devons apprendre à l’écouter et comprendre vers quel chemin elle cherche à nous guider.

 

Ces croyances ne nous aident pas à avoir une vie plus équilibrée. Il est peut-être temps de s’ouvrir à de nouveaux points de vue. Cela ne veut pas dire y croire automatiquement, mais accepter simplement qu’ils puissent eux aussi exister.

3/ Et si on changeait notre point de vue ?

Lorsque je rencontre des personnes en difficulté de santé, j’observe principalement deux types de personnes.

  • Il y a celles qui pensent que leur pathologie n’a aucun sens, qu’elle est un boulet, une sorte de punition dans leur vie.
  • Et Il y a celles qui pensent que leur pathologie a un sens précis. Que son apparition n’a pas de hasard, car elle découle d’un équilibre de vie chaotique.

 Ce qui peut paraître étonnant, c’est qu’ils ont tous les deux raisons. 

Ils ont raison car le corps est une machine bien plus sophistiquée que ce que nous pouvons imaginer. Lorsque nous sommes convaincu par une idée, une croyance, ou tout autre forme de pensé. Nous formatons inconsciemment tout notre système corporel et de vie (Corps, environnement, entourage, psyché etc…) en faisant converger tout ce qui nous constitue vers cette même croyance. (B.H.Lipton 2005)(F.Lopvet 2017)  En simple, plus nous croyons quelque chose, et plus ce quelque chose va devenir vrai dans notre vie .(6)

Donc celui qui pense que la douleur ne va pas l’aider en fait l’expérience. En revanche, celui qui pense que la douleur est la pour l’aider va en faire l’expérience aussi. Dans les deux cas, de nouvelles portent s’ouvriront sur leur chemin de vie. Mais ces portes ne vont pas mener au même endroit.

Pour la personne qui vit l’expérience que la douleur n’a aucun sens, elle fera l’expérience d’une vie plus difficilement palpable. Il sera plus difficile pour elle de trouver des repères, car c’est ce qu’elle a choisi de croire, donc de vivre. Autour d’elle beaucoup de choses sont vouées au hasard, dans les moments difficiles le monde qui l’entoure lui paraît extrêmement abstrait, intangible. Souvent, un sentiment de solitude s’installe, car l’incompréhension, la peur du hasard et de la fatalité apparaît inconsciemment. C’est une vie où il est difficile (et non pas impossible) de trouver un chemin, car peu de choses sont structurées, peu de choses ont de sens. L’humain a besoin de donner du sens à ce qu’il vit.

C’est pour cette raison que pour la personne qui vit l’expérience où la douleur a un sens, le monde paraît beaucoup plus palpable. Il y a toujours une phase chaotique, plus ou moins longue, d’adaptation au nouveau rythme de vie. Mais petit à petit, tout se construit et se coordonne naturellement autour d’elle. Sa première mission sera de prendre du recul. Assez pour lui permettre de voir sa vie autrement et déceler le sens caché de tout ce qu’elle vie aujourd’hui. C’est un travail sur soit relativement difficile, il est fréquent de traverser des épisodes d’abandon durant cette période. Mais c’est normal, une personne qui a vécu durant plusieurs années avec un même équilibre de vie, ne peut pas le changer en un claquement de doigt. Il y a toute une adaptation de soi, de son corps et de son environnement à mettre en œuvre. C’est un travail souvent long, mais qui est fort porteur en sens. Il est fréquent que les personnes qui trouvent l’audace de parcourir ce chemin changent complètement leurs modes de vie. (A.Giordan, 2016) C’est comme un nouvel apprentissage, une nouvelle construction de soi, et lorsque l’on construit, nous devons au préalable déconstruire (7).

C’est cette phase là qui fait peur, car il faut admettre que nous n’étions peut-être pas dans « l’équilibre de vie fait pour nous ». Cette étape est très frustrante au premier abord. Mais lorsqu’elle est traversée, elle laisse place à la liberté de reconstruire à sa façon, d’une manière plus authentique. Et c’est à partir de ce moment là que la vie devient magique.

C’est aussi à partir de ce moment là que la pathologie devient votre allié. Et lorsqu’elle est votre allié, elle est soudainement là pour vous aider. Le message que votre corps tentait tant bien que mal de vous transmettre vient d’être écouté et pris en compte. A quoi lui servirait-il de rester ?

4/ Une pathologie est une transition

Pourtant, il arrive souvent que la pathologie décide de rester. Peu de personnes ont le plaisir de nous dire qu’après ces nombreuses années passées avec elle, et bien c’est bon, celle-ci a disparue. Ils l’ont pourtant écouté, ils lui ont fait confiance, ils estiment avoir une vie équilibrée qui leur convient. Mais elle est toujours là.

C’est un peu le jeu de l’arroseur arrosé. Ce qui va suivre peu paraître paradoxale, mais je l’observe parfois. La personne qui accepte sa pathologie comme un guide doit tout de même être vigilante sur un point.

Une pathologie n’est pas un état d’équilibre. Il ne faut pas non plus accepter que, puisqu’elle est là, alors il fait sens qu’elle reste pour toujours. Bien au contraire, la pathologie à un sens lorsqu’elle est considérée comme une aide temporaire.

Avoir une douleur chronique, c’est être conscient que nous entrons dans une phase de transition et non dans une phase d’équilibre.

Si on reprend l’exemple du chapitre précédent. Tout comme la personne qui accepte de croire que la douleur a un sens, il est possible qu’inconsciemment une personne se mette à croire que sa pathologie fait partie de son équilibre de vie au long terme. Et dans ce cas, la personne fera l’expérience d’une pathologie qui dure encore et toujours.

Vous découvrirez les mécanismes de ce qui est expliqué, tout au long de mes publications et travaux. Car ce n’est pas en quelques lignes qu’il est possible d’assimiler toutes ces notions. Mais avec l’expérience de votre santé, étalée sur un temps plus ou moins long selon chacun. Il est possible de retrouver une vie confortable, même avec une pathologie chronique. C’est une mission sur le long terme, mais elle vous apportera bien plus de bien-être que vous n’oseriez l’espérer. Laissez-vous guider par votre santé, elle vous veut du bien. 

Tout commence par accepter d’écouter son corps, c’est le premier pas vers le chemin du mieux être…

 

Michael LEZE

Patient Ressources

&

(Étudiant) éducateur thérapeutique en santé

Références:

(1) Oskar Wadyslaw de Lubicz Milosz / Cantique de la connaissance: https://fr.wikisource.org/wiki/Cantique_de_la_Connaissance

(2) Selon la cartographie médicalisée des dépenses de santé pour 2017 (Caisse National d’assurance Maladie)

(3) Education Thérapeutique du Patient: (J.F d’Ivernois, R. Gagnayre 2016) / Apprendre à éduquer le patient

(4) Extrait du livre: (J.F d’Ivernois, R. Gagnayre 2016) / Apprendre à éduquer le patient

(5) Extrait du livre: ( N.Bensaid, 1981) / La lumière médicale

(6) Réflexion inspirée de la convergence des ouvrages suivants: (B.H.Lipton 2005) / Biologie des croyances & (F.Lopvet 2017) / Un homme debout

(7) Réflexion suite à la lecture de l’ouvrage: (A.Giordan, 2016) / Apprendre !

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