Elle m’a aidé à retrouver l’essentiel ! (Douleur & Spondylarthrite Ankylosante)

Elle m’a aidé à retrouver l’essentiel ! (Douleur & Spondylarthrite Ankylosante)

L’interview en vidéo:

La version texte:

– Michael – Jonathan si tu devais te présenter en quelques mots ce serait lesquelles ?

– Jonathan – Bonjour, j’ai 34 ans, spondywarriors depuis 2008. À la recherche de la simplicité et envie de retourner vraiment aux bases de la vie.

– Michael – Comment présenterais-tu ta pathologie à des personnes qui ne la connaîtraient pas ?

Alors il y a un terme qui revient beaucoup, d’ailleurs Lionel Comole qui est atteint de cette maladie avait écrit un bouquin sur la spondylarthrite ankylosante qui s’appelait la colonne bambou. Grosso modo on va avoir sur cette pathologie la colonne avec le temps qui va se souder, des vertèbres qui vont se souder, qui si on ne fait rien, peut vraiment devenir très invalidants. Moi aujourd’hui je touche du bois je fais ce qu’il faut pour rester souple. ça n’atteint pas seulement la colonne vertébrale, ça atteint aussi toute la cage thoracique, en fait, tout ce qui va être lié aux articulations.

– Michael – La peur, la souffrance, la solitude sont souvent les premiers acteurs de ce type d’expérience c’était le cas pour toi ?

– Jonathan – Alors ça j’ai envie de dire, complètement. On a beau avoir du monde qui nous entoure, ils ne sont pas à notre place. On a l’impression d’être un peu incompris. Tu vois, ne serait-ce que d’expliquer parfois la maladie, si l’autre en face va comprendre la douleur. C’est subjectif, j’ai mal, à quel point ? Le truc il est là. Dans le milieu professionnel, des personnes m’ont dit que c’était tout simplement un mal de dos et quand tu essayes d’expliquer les choses, tu n’as pas forcément l’écoute en face et la tu as un gros moment de solitude. Parce que si tu veux, je me suis toujours dit, pour avancer faut s’écouter, le regard des autres pendant un moment était important à mes yeux et là je me suis aperçu qui ne servirai strictement à rien en fait. Est là, on se concentre vraiment sur soi-même. Il y a eu une petite période de solitude. Qui dit solitude, dit tomber dans la dépression. J’ai eu une petite époque un peu dépressive, on a l’impression de toucher le fond et à cette époque-là, quand je me disais ça, j’étais encore loin du compte. On a mis en place un protocole de biothérapie, je suis tombé sur du traitement quand même relativement lourd. Le professeur m’expliquait gentiment que si tu chopes un rhume, tu consultes tout de suite. Parce que c’est un traitement avec des immuno suppresseurs, donc le moindre truc tu le chopes. C’est pas super agréable, j’ai eu des effets secondaires de la biothérapie qui m’ont fait toucher le fond. Et c’est à ce moment-là où je me suis personnellement réveillé.

– Michael – Est-ce que cette expérience t’a appris des choses, tu as fait grandir ?

– Jonathan – Ce que j’ai appris, en fait avec l’histoire de la biothérapie, des effets secondaires qui n’ont pas été top, ça m’a vraiment fait toucher le fond. Je suis resté une dizaine de jours hospitalisé et tu réfléchis beaucoup à ce moment-là sur ta vie passée avant la maladie. Comment tu vivais ? Et ce qu’il vaudrait mieux faire maintenant. Pour m’en sortir, j’ai eu la chance de rencontrer quelques personnes qui m’ont donné un peu de motivation justement à me sortir de ces eaux sombres et très sincèrement je me rendais compte que je vivais un peu à travers le regard des autres. J’étais assez matérialiste aussi, je travaillais beaucoup, en fin de compte je me suis vraiment aperçu que je passais complètement déjà à cette époque-là à côté de ma vie. C’est un truc qui est tout bête, mais quand je suis sortie de l’hôpital, le premier truc qui m’a fait du bien, c’est juste de sentir le vent, tu vois, qui te caresse la joue. Le soleil qui te tape dessus, c’est magique quoi ! Tu as l’impression de revivre, et là j’ai carrément changé de fusil d’épaule. Je me suis juste dit que j’avais envie de retrouver des choses essentielles. J’ai eu un bon mois et demi d’arrêt après l’hospitalisation, j’ai appris à revivre et surtout à m’écouter. Avant j’étais tellement dans le tumulte de l’ancienne vie que je n’écoutais pas mon corps qui me donnait des alertes. J’en faisais plus que ce qu’il fallait et à force je suis un peu revenu aux sources. La nature ça m’a beaucoup apporté parce que j’ai eu l’impression de revivre et autant il y a eu des choses ou avant je n’étais pas patient du tout, là j’ai appris à relativiser. Ce n’est pas que tu philosophes, mais tu te mets juste en tête qu’il y a bien pire. En fait, ce que tu as là maintenant, faut en profiter. Aujourd’hui j’ai de la chance par rapport à certains de pouvoir encore faire du sport, pouvoir marcher. Tu te retrouves en faite, tu retrouves ta vie, je ne peux pas l’expliquer autrement. Si je n’avais pas eu ce passage à vide, aujourd’hui je ne sais pas où je serais… Peut-être toujours à fond les ballons… il y en a certains qui voient la maladie en se disant, ça me tombe dessus et puis tu as tous les malheurs du monde. Ben moi j’ai appris à voir ça autrement et à me dire au final, cette maladie, elle m’a offert le fait de me retrouver avec moi-même de changer littéralement aussi de type de vie. D’être plus à l’écoute des autres, plus à l’écoute de moi-même et plus me prendre la tête.

– Michael – Je te propose un petit défi, tu dois simplement répondre aux questions suivantes instinctivement. Question numéro un : un pardon que tu voudrais partager ?

– Jonathan – C’est justement de ne pas avoir été présent pour une certaine personne.

– Michael – Des « je t’aime » à partager ?

– Jonathan – Ma famille, ma petite chérie, mon fils parce que c’est le saint Graal de ma vie et puis mes amis.

– Michael – Quelque chose a changé ?

– Jonathan – Je ne sais pas si c’est à changer, le travail que je fais sur la patience parce que je pense que je pourrais pousser encore plus. Après je pense qu’au moment où j’ai eu un petit coup de poing il y a pas mal de choses qui ont changé déjà littéralement.

– Michael – Quelque chose à garder ?

– Jonathan – L’amour, le partage, échanger avec les autres.

– Michael – Quelque chose à partager ?

– Jonathan – Quelque chose de positif, se dire que la vie est belle. Il faut toujours se dire qu’une fois en bas on peut que remonter, on ne peut pas aller plus bas. Et pour remonter, il faut se faire confiance.

– Michael – Pourquoi tu as choisi ce lieu pour l’interview ?

– Jonathan – J’aime bien, on est proche de la nature, les vieilles pierres, on a un édifice qui a plusieurs centaines d’années, il a des fissures. Il en manque une partie aussi, mais qui est toujours debout.

– Michael – Qu’est-ce qui te fait t’apaiser ?

– Jonathan – Le bruit du vent c’est bête, mais quand j’ai besoin de me calmer, je marche et j’écoute le silence de la nature, le vent, ça ça m’apaise !

– Michael – Qu’est ce qui te bouleverse ?

– Jonathan – La société dans laquelle on vit, tout est speed, une société qui est assez individualiste. On avancerait vraiment beaucoup plus si tout le monde s’écoutait. Maintenant j’ai encore foi en l’humanité parce qu’il y a beaucoup de choses qui changent il y a beaucoup de personnes qui effectivement apprennent de la vie. Elles vont vers cette entraide, et ouais, c’est le côté individualiste de ce monde-là à l’instant t, mais j’ai foi en son changement quand même.

– Michael – C’est quoi le bonheur pour toi ?

– Jonathan – Le bonheur c’est être avec les miens et juste profiter de ce qu’on a.

– Michael – Tu dirais quoi à ta douleur ?

– Jonathan – Va te faire foutre, c’est radical, mais elle ne m’aura pas.

– Michael – Merci d’avoir joué le jeu, reprenons maintenant le cours de l’interview. J’ai croisé un médecin qui m’a dit : la douleur c’est une façon de mieux se connaître et de mieux connaître les autres. Qu’est-ce que tu en penses ?

– Jonathan – C’est vrai, je pense qu’à partir du moment où on n’a pas mal on ne peut pas connaître ses limites. Quand on connaît les douleurs au quotidien, on est plus apte à écouter celle des autres. Ça, c’est pour moi quelque chose de très important. J’échange beaucoup avec des personnes qui ont la même pathologique que moi, est en fait ce qui est fou c’est que du coup tout le monde se comprend. C’est quelque chose qui manque cruellement à certaines personnes et je n’ai pas envie de parler que de la personne lambda, parfois certains médecins aussi.

– Michael – Quel regard portes-tu envers ton corps ?

– Jonathan – Maintenant je suis dans une bataille. C’est-à-dire qu’il y a des moments où la douleur et présente et importante, mais j’apprends à l’apprivoiser. Avec le temps, j’ai appris à rehausser un peu mon seuil de douleur. Maintenant, il y a toujours des douleurs qui seront invalidantes, mais à la différence d’avant, maintenant je m’écoute et avant d’aller trop loin je me stoppe, je me préserve.

– Michael – D’après toi, qu’est-ce qui fonctionne et qu’est-ce qui ne fonctionne pas au sein du système de santé aujourd’hui ?

– Jonathan – Je dirais qu’il y a pas mal de choses aujourd’hui qui conditionnent un peu ce mouvement speed. Dans la ville où j’étais avant, les médecins se faisaient de plus en plus rares. Ils partaient à la retraite. Et en fin de compte, le patient s’était un peu de l’abattage tu vois. C’est bonjour, tu as ça ça ça, tiens ta boîte de doliprane, 25 euros et puis basta au suivant. J’ai connu des médecins comme ça et après j’ai connu des médecins qui étaient un peu plus à l’écoute, ils n’hésitaient pas parfois à passer chez toi à 22 h ou 23 h le soir pour ses consultations. Ce médecin là, s’il regarde cette vidéo, et je pense qu’il le fera, il se reconnaîtra. D’ailleurs je lui dois un nom sur ma pathologie. Non, mais je pense que le système de santé aujourd’hui est assez compliqué. Le fait de trouver un spécialiste, c’est la croix et la bannière. Je ne mets pas le la profession médicale en portafo, enfin je ne suis pas là pour lui mettre la tête dans l’eau, il y a des torts qui sont explicables malheureusement et après d’autres tors ou c’est plutôt les médecins et spécialistes qui doivent se remettre en question. Je parle de mon expérience, mais aussi de l’échange avec d’autres. C’est assez bizarre, mais on a tous eu plus ou moins le même parcours, c’est la philosophie médicale d’aujourd’hui qui est assez compliquée. Ils vont pour aider les humains, mais ne sont pas forcément humains eux-mêmes et ça, je pense, ça leur ferait du bien effectivement d’avoir un petit retour à la réalité.

– Michael – Quel message partagerais-tu avec des personnes qui viennent d’être diagnostiquées ?

– Jonathan – En fait ce qui est bien c’est de rencontrer des personnes qui ont exactement la même pathologie. Ça permet de créer les échanges et se dire « où on va », on peut se tirer vers le haut, s’inspirer pour ne pas baisser les bras. Faut s’entourer des bonnes personnes et comme je disais tout à l’heure les bonnes personnes ça peut-être effectivement la famille. Mais les meilleures personnes que j’ai trouvé aujourd’hui, c’était des gens qui étaient atteint de la même pathologie ou de pathologies aussi relativement lourdes. C’est des gens qui mettent un coup de fouet, je pense à quelqu’un que tu as interviewé. Lui ça n’a rien à voir avec une pathologie parce que c’était un accident, c’est Roro le costaud, le gars, non, mais respects quoi ! Quand on voit la mentalité du personnage, il a cette touche positive. Il est quand même en fauteuil roulant, moi j’ai de la chance, je peux marcher, je peux courir, je peux faire du sport, le gars il inspire le respect ! et c’est grâce en fin de compte à différents personnages comme ça, lui, Lionel Comole qui est atteint la spondylarthrite ankylosante. Lui c’est pareil c’est quelqu’un qui a touché le fond, c’est quelqu’un qui avait une passion qui était le rallye automobile. Il en fait, il n’a pas baissé les bras et c’est toujours battu et il a réalisé ses rêves. En fait je pense qu’a aujourd’hui le plus important à se dire c’est effectivement pour atteindre quelque chose, c’est de se faire une short-liste des rêves qu’on a envie de réaliser, et de les faire, mais pas de se dire je les ferai dans deux ans dans trois ans pas remettre ça à des années plus tard. Mais se dire, il y a les conditions pour le faire je le fais quoi. C’est un truc qui est toute bête, mais c’est à ce moment-là qu’on touche aussi le bonheur, on concrétise des rêves est en fait ces moments nous font oublier la maladie.

– Michael – Enfin la dernière question, imagine que tu viennes d’une autre planète et que ta mission c’est d’envoyer un message aux terriens pour les aider, ce serait lequel ?

– Jonathan – Ecoutez-vous, aidez-vous, c’est toujours ensemble qu’on va plus loin. Entraidez-vous, soyez humain…

 

 

Redécouvrir notre corps et notre lien avec le monde pour guérir autrement (Eric Julien & les kogis)

Redécouvrir notre corps et notre lien avec le monde pour guérir autrement (Eric Julien & les kogis)

La vidéo:

 

La retranscription texte:

Michael — Bonjour Éric, si vous deviez vous présenter en quelques mots, ce serait lesquels ?

Éric — Bonjour, une personne avec beaucoup de gens dans la tête qui ne sont pas toujours d’accord. Une personne qui a mis du temps à habiter son corps. Et à faire connaissance avec ses émotions. Et qui maintenant essaie de garder une forme de paix intérieure et poétique. Étant convaincu que c’est la seule manière de garder un cap dans ce drôle de monde. Un papa aussi, j’essaie d’être un compagnon aussi de ma compagne, et des gens avec qui je chemine.

Michael — Pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec les Indiens Kogis ?

Éric — C’est des Indiens, des Amérindiens, des autochtones, des archaïques, des primitifs, le monde moderne a utilisé beaucoup de qualificatifs pour les désigner. Ils vivent au nord de la Colombie, dans la plus haute montagne du monde en bordure de mer. Quand tu es à six mille mètres d’altitude, tu vois à trente-huit kilomètres la mer des Caraïbes. Ces Indiens se sont réfugiés dans ces montagnes, dans les parties hautes. Comme dans une autre vie j’étais guide montagne, j’ai voulu faire le sommet et j’ai eu un œdème pulmonaire. On a pas de douleur physique, mais oon ne peut plus marcher, puis si on ne fait rien, on meurt, on se noie de l’intérieur. Et j’ai eu la chance que ces sauvages, archaïques, primitifs qui vivaient dans cette montagne passent sur le même chemin que moi, me ramassent et me sauvent la vie. C’est comme ça que je les ai rencontrés. Le jeune moderne occidental, qui avait fait les grandes écoles, et qui était sans doute un peu arrogant de ces connaissances-là, a découvert la solidarité de la vulnérabilité. Quand tu es vulnérable, tu es bien content qu’un autre te tende la main. C’est comme ça que je les ai rencontrés.

Michael — Quel lien ont-ils avec le monde, et quel lien a le monde avec eux ?

Éric — Trouver ces liens c’est un long chemin, d’abord de déconstruction de notre regard à nous. De revenir à une certaine humilité de celui qui ne sait pas, pour essayer de trouver autre chose. Donc ça a été long. Le regard qu’ils ont sur nous, ils nous appellent les petits frères. Frères, parce que nous faisons partie de la grande famille des humains. Et petit parce que d’après eux nous avons perdu la conscience de la vie, du vivant. Donc comme un enfin qui ne comprend pas que s’il met les doit dans une prise il va s’électrocuter, on fait plein de bêtises. Donc voilà, c’est petit frère, est-ce qu’un jour tu vas comprendre que les comportements que tu adoptes ne sont pas justes. Et surtout, qui provoque beaucoup de déséquilibres dont nous voyons les conséquences aujourd’hui. Ils nous regardent avec bienveillance. Et ça fait un peu plus de cinq siècles ils essaient de venir vers nous en disant, est-ce qu’on ne pourrait pas se parler, est-ce qu’on ne pourrait pas se parler ? Parce que le dialogue est la seule solution pour retrouver les voies de l’équilibre et de la sagesse. Quand on regarde les voies de l’ethnographie, l’anthropologie dans le temps, ça a été un tellement long chemin pour se dire : « ils ne sont pas moins, c’est à dire, sauvage, archaïque, primitif. Mais différent ». Et cette différence pourrait bien être la clé de notre futur. Je pense que contrairement à nous, modernes qui vivons en ville. Ils ont gardé un contact, alors non pas avec la nature t-elle qu’elle s’exprime à nous, les arbres, les animaux. Mais avec ce qui fonde la nature, qui n’est pas forcément visible. C’est comme-ci on faisait un écorché d’un corps humain, et qu’en enlevant la peau on voyait les réseaux sanguins, les réseaux ventilatoires, les réseaux nerveux. Ce « n’est pas visible, mais ça structure tout le corps. Et ce n’est pas parce que le genou n’a pas le même fonctionnement que le poignet, qu’il n’a pas le même fonctionnement que le cerveau. Que toutes les parties du corps ne sont pas reliées par ces réseaux. Donc ils connaissent les réseaux qui structurent le globe terrestre, alors qu’ils n’ont jamais pris l’avion, ils n’ont jamais eu de carte. Et donc ils sont capables de soigner la Terre un peu comme un corps humain avec des points d’acupuncture. Et mystère des mystères, ils connaissent la Pangée, c’est le continent initial qui regroupait tous les continents en un seul et même endroit. Les kogis connaissent l’histoire de la tectonique des plaques. La dérive des continents, sauf qu’ils ne sont jamais sortis de leur montagne. Ça ouvre une porte, une ouverture, sur finalement, comment savons-nous ce que nous savons ? Et n’aurait-on pas aujourd’hui grande curiosité, intérêt, respect à ouvrir un dialogue avec ces hommes et ces femmes qui ont quatre mille ans de vie sur cette planète. Là où nous n’en avons que deux milles, si on prend la référence christique. Et qui pourrait bien nous donner les clés de notre futur, parce qu’ils se présentent comme étant les voix de la nature, parlant et étant les voix de la nature. Et en cela ils rejoignent une phrase d’Élisée Reclus, un géographe anarchiste qui est mort en mille neuf cent cinq : L’homme c’est la nature prenant conscience d’elle-même. Je pense qu’il pourrait nous donner un petit coup de pouce avant qu’il ne soit trop tard.

Michael — Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu’est leur perception de la santé ?

Éric — La première chose c’est qu’on est dans un système de santé préventif, contrairement à notre société moderne où on est plutôt dans du curatif. On va essayer de soigner le symptôme sans pour autant savoir remonter aux origines de la « Mal à dit ». Eux c’est pas ça, ils vont avoir des systèmes de soin qui empêche la maladie d’arriver. Ce qui est différent, donc c’est une vision systémique. Aujourd’hui on appellerait ça Holistique. C’est-à-dire qu’elle se structure autour de cinq points. Le premier c’est : puis-je avoir en tant que Kogis, homme, femme ou enfant accès à la Terre. Si j’ai accès à la Terre, je peux me nourrir. Je peux me soigner avec les plantes aromatiques médicinales, tout ce qu’on veut. Et surtout je peux former mes enfants, pour qu’eux-mêmes puissent demain avoir des Terres. La Terre c’est le lieu qui enseigne. Si je n’ai pas accès à la Terre, je ne vais pas pouvoir me nourrir, me soigner, nourrir mes efants, je vais avoir du stress. Ça contribue à la fragilité d’un terrain physiologique. La deuxième chose c’est l’éducation, Est-ce que les conditions sont réunies pour que je puisse transmettre. La troisième chose c’est la santé, si j’ai ces trois points, ça veut dire qu’il y a de la justice. Qu’il y est un système de gouvernance qui valide que ces quatre points là sont respectueux du territoire, qui donne les grandes orientations que j’appellerai législatives du territoire et du corps social. C’est les lois du vivant qui s’incarnent dans le territoire. Avec un système de gouvernance centrale qui répartit les Terres aux différentes familles pour que chacun ait en justesse de quoi se nourrir, s’éduquer et nourrir sa famille. Donc, si ça est respecté, il n’y a pas de maladie. J’ai amené une fois un médecin qui accompagnait Nicolas Hulot dans un film qu’il faisait pour Ushuaia. Qui a ausculté une quarantaine de Kogis et qui a dit : ces gens-là n’ont pas besoin de moi. Ils vont très bien.

En faite ils ont besoin de soin face aux maladies qu’on leur amène de l’extérieur. La maladie pour eux c’est un symptôme d’un déséquilibre. Qui peut venir de l’extérieur, comme la covid n ce moment, tout ce qui se passe en termes de dérèglement climatique, c’est des déséquilibres envers lesquels nous sommes largement responsables. On le sait, mais on n’y fait rien. Mais bon, c’est comme ça…

Michael — Toujours d’un point de vue santé, ont-ils des règles créées par l’homme, comme nous les Occidentaux, Où alors, ont-ils une autre organisation ?

Éric — Chez eux, ils ont des chamans, hommes et femmes, mama pour les hommes et saga pour les femmes. C’est-à-dire le soleil et la lune, qui ont des formations qui peuvent durée de sept à dix-huit ans. Et souvent dix-huit ans dans l’obscurité totale. Ils sont dans des grottes, des huttes pendant dix-huit ans. Après l’utérus ou le ventre de la maman, Ou ils reçoivent l’éducation de la maman, avant même de naître parce que la maman mange. Par son champ émotionnel, par son champ relationnel. Ça conditionne le terreau du futur petit garçon ou future petite fille. Ça n’a donc rien à voir avec le mental. Ensuite ils remettent le bébé, non plus dans le ventre de la mère maman, mais de la mère Terre. Qui va continuer à lui enseigner par tout, ce qu’ils appellent, les chikuakala (les réseaux d’information qui informent le bébé au fur et à mesure de ses dix-huit ans d’enseignement. Donc ce n’est pas une transmission par le mental, mais une transmission par l’expérience du corps. Le chaman sort en connaissant les règles de la vie, qui permettent la vie. Et son job c’est de vérifier que le corps social, sur le plan collectif et sur l’individu, développe des actes et des comportements qui respectent ces grands principes pour tenir la maladie à distance. Donc ils travaillent beaucoup avec de la divination, de plein de manières différentes. Notamment avec des quartz, pour vérifier que ces choses sont en harmonie par rapport aux principes du vivant. Alors que nous effectivement, c’est des lois créées par les hommes, malheureusement moins par les femmes. Qu’on change quand ça nous arrange, en fonction de tendance politique pas toujours très claire. De lobbies pas toujours très clairs. Qui sont capable de créer des lois que l’on va respecter avec la police, les amendes, l’armée, les avocats les juges. Qui vont contre la vie. Ce qui est quand même totalement aberrant.

Michael — Vous expliquez que pour eux, un être en paix, c’est un être qui reste fidèle à cinq bases 

  • le sens

  • la valeur

  • le temps

  • le territoire

  • La vie intérieure

Il serait sans doute trop long de tous les décrire, mais pouvez-vous en prendre un pour exemple et le développer ?

Éric — Déjà, le temps, si je devais le rapprocher de quelque chose que nous connaissons bien dans notre modernité, c’est le vin. Quand tu mets du raisin jeune que tu viens de cueillir dans une cuve. Selon le cépage, selon la technique de vinification, il faut du temps pour arriver à un hectare, ou à un bon vin. Donc pour un humain c’est pareil. Il faut laisser le temps de la transformation intérieure. Et chaque temps a du sens, le temps de l’enfance à du sens, le temps de l’adolescence en a, le temps du jeune adulte, il ne faut pas bruler les étapes. Il faut déjà les reconnaître, chez les kogis il y en a neuf. Comme les neuf mois de gestation, comme les neuf planètes du système solaire. Que nous passons par des étapes de conscience. Donc le chaman va te poser des questions à chacune de ces étapes. Et selon les réponses que tu vas lui donner, il va te dire, tu es encore là, ou alors tu es en train de passer au plan « quatre ou cinq. Donc il y a tout un enseignement qui suit les spirales d’expérience. On va dire ça comme ça. Après là, on est sur une verticalité de maturité de conscience. Après, si tu prends l’horizontalité, c’est à dire comment s’organise le temps. Il est structuré sur les grands cycles cosmiques. C’est-à-dire que de minuit à midi c’est plutôt le moment où les choses vont sortir. Ou c’est du positif, c’est là qu’on crée. C’est là qu’on va semer. Puis de midi à minuit au contraire, c’est au contraire toutes les choses ou…. Il ne faut pas faire de déplacement. Il ne faut pas faire de création. C’est au contraire des énergies qui rentrent en période basse. Voilà, donc il y a plein de structurations cosmiques qui organisent les choses de la journée. Il y a plein de structuration du temps. À quel moment il faut semer, planter, etc. Ensuite il y a plein de temps individuels ou collectifs. Nous on appellerait ça de méditation, ou de travail sur un arbre, ou de travail sur les couches du sol. Ils ont bizarrement une très bonne connaissance des couches géologiques sous la surface du sol jusqu’au cœur de la planète. Il rentrent en méditation avec les différentes couches géologiques. Donc selon le clan d’appartenance, chaque clan a des responsabilités. Tu vas passer beaucoup de temps à méditer avec l’eau, les roches, les arbres. Avec les animaux, les étoiles. À te relier ! Et il ne faut pas oublier que c’est des agriculteurs, c’est une société qui passe beaucoup de temps à cultiver dans les champs. On dirait que c’est des incroyables permacultures, parce que c’est des vrais ingénieurs agronomes qui connaissent absolument tout de ce que nous redécouvrons à travers la permaculture. Donc le premier temps est agricole pour eux.

Michael — Pouvez-vous nous parler de l’apoptose ?

Éric — Dans les sociétés modernes, même si nous ne devons pas réduire Descartes à ce propos. On est beaucoup sur je pense donc je suis. On parle de liberté individuelle, de pouvoir faire les choses. Comme on veut, quand on veut, de sa liberté de création, de faire. L’accent est beaucoup mis sur la personne. Des sociétés plus traditionnelles comme les Kogis, l’accent va être mis sur la relation. Tu es donc je suis, et bien évidement, je suis donc tu es. La manière dont tu regardes l’autre, la manière dont tu rentres en relation avec l’autre va conditionner ton état intérieur, ton bien être. Et ça se structure dans la langue, dans la structure linguistique. C’est-à-dire que nous, on a tendance à dire, je parle, et ça s’arrête là. Et dans cette société là ils vont dire, je parle et tu as la gentillesse d’écouter. Nous sommes donc deux sujets actifs. Avec nos émotions, nos croyances, nos représentations, et quand ils parlent de ça, ils parlent des deux sujets en relation. Donc le cœur de cette société c’est la qualité du lien et de la relation. Et c’est intéressant de prendre conscience qu’en physiologie, en biologie, il y a un domaine qui s’appelle l’apoptose. Qui est le suicide des cellules, lorsqu’elles n’ont plus d’information sur leur utilité. C’est-à-dire qu’une cellule qui ne sait plus à quoi elle sert va se suicider. Donc si on reporte ça à une organisation ou un système humain, une personne qui n’a pas de reconnaissance, qui n’a pas de regard, qui n’a pas d’information, mais surtout de reconnaissance sur son rôle social, sa posture, ou même pour se positionner, peut tomber malade. La dégradation des relations peut être à l’origine de nombreuse maladiess. Et on a vu dans de grandes entreprises en France, on n’appelle pas ça l’apoptose, on appelle ça la mise au placard. Que quand tu n’as plus de relation, et donc plus de sens, ça peut largement dégrader ta santé. Conduire au burn-out et malheureusement parfois au suicide. Donc c’est d’abord la qualité du lien et de la relation. Ce sont des approches systémiques du problème de santé. Et il n’y a jamais un coupable, un responsable. Quand les sociétés traditionnelles se réunissent pour soigner, c’est les parents, c’est les voisins, c’est les soignants, c’est la peinture, c’est le symbole, c’est la musique, c’est les étoiles. C’est retrouver ta place juste dans l’univers. C’est ce qu’appelle les Navajos, la voie du hozo, la voie de la beauté, de l’harmonie. Ça passe cent pour cent par la relation. Donc ça veut dire que c’est une dimension éminemment féminine. Parce que la relation, à par si l’on mettait un fil de laine pour la matérialiser entre nous, on ne la voie pas. Le féminin physiologiquement, c’est un organe qu’on ne voit pas. Le féminin touche des dimensions qu’on ne voit pas. Mais ce n’est pas parce que nous les ne voyons pas qu’elles ne sont pas opératives. Donc ça ne semble pas un hasard que dans nos sociétés principalement masculines. Patriarcale, très dans le faire, dans la transformation de la matière, on ai perdu cette notion et on soit rentré dans d’énormes périodes de déséquilibres mortifère. Donc le premier des travails c’est de respecter la Terre, parce qu’en respectant la Terre on respecte les femmes. On respecte le féminin, et en respectant le féminin, on peut faire comme dans le Tao, remettre un certain équilibre dans ce monde bien malmené.

Michael — Pouvez-vous nous parler de leur lien avec le territoire, qu’ils qualifient de pays sage et non de paysage ?

Éric — Les modernes que nous sommes voient le paysage, ou la terre, le territoire comme un objet inerte. C’est-à-dire que c’est un ensemble de choses. C’est une esthétique, on a beaucoup de description d’une esthétique du paysage, c’est beau. On sent souvent des émotions, quand on demande aux gens : quand est-ce qu’ils se sentent vivants ? Aahh, je me sens vivant quand je suis en pleine nature. On sent bien que l’esthétique touche une émotion. C’est une matière première, on voit bien les combats fratricides récemment entre Turques et Grec pour récupérer des zones de gaz. Donc c’est l’économie au sens barbare du terme, archaïque du terme. C’est un terrain de loisir, on va s’éclater en montagne. Mais on a complètement perdu que c’était sans doute la même chose qu’un corps humain, mais à une autre échelle. C’est-à-dire que pour les Kogis on ne parle pas d’un territoire, mais d’un pays sage. Et ce pays sage est un corps territorial. En faite il fonctionne un peu sur la théorie des fractales. Un même phénomène se reproduit à des échelles différentes. C’est la même chose au niveau du corps, au niveau de la Terre, au niveau du territoire au niveau des planètes. Donc on peut comprendre ces quatre plans, et même d’autres d’ailleurs, selon les mêmes principes. On peut les approcher, les comprendre et sans doute les soigner de la même manière. Les Kogis soignent la Terre avec des points d’acupuncture. « Attention, ici il y a un point énergétique, t’en approches pas, il est un peu trop violent pour toi. Ici par contre tu peux soigner des choses, ici tu peux avoir des informations ». Au même titre que si je mets les mains ici je vais avoir le pou. Au sein de la médecine chinoise et l’acupuncture, on approche des dimensions similaires. Sauf que c’est ici appliqué au corps territorial. Et si le Territoire va bien alors je vais bien, et si je vais bien alors le territoire va bien. Une relation que nous n’avons plus en ville. On en a plus du tout conscience, on ne voit plus les étoiles, on a plus d’arbres, plus d’oiseau, on n’a plus rien… On est sans mémoire donc on est perdu.

Michael — Pouvez-vous nous parler plus en détail du principe fractal ?

Éric — C’est la reproduction d’un phénomène à des échelles différentes. On prend souvent l’exemple d’un chou-fleur. Si on coupe un chou-fleur dans sa verticalité. On va voir que ce gros chou-fleur est constitué de petit chou-fleur. Qui a exactement la même structure que le gros chou-fleur. Et quand on coupe ce petit chou-fleur, on se rend compte qu’il est lui-même constitué de petit chou-fleur… Donc c’est le même phénomène qui se reproduit à des échelles différentes. On prend souvent la côte Bretonne. Quand on la voit en avion, on voit des découpages. Puis si on se rapproche, on voit les mêmes découpages, mais en plus petit. Jusqu’à aller au bord de la mer et regarder ce petit découpage granitique. Donc pour eux, les principes de vie sont les mêmes principes qui agissent au niveau de l’univers, du corps humain, du territoire, du mystère…. voilà, c’est toujours le même principe. Donc le chaman, quand il fait son voyage de dix-huit ans de formation, c’est ces principes qu’il va apprendre à percevoir. Pour permettre de savoir si quelque chose est juste, pas juste. Et surtout avoir un niveau d’information qui leur permette de dire. On ne peut pas vous en parler, car vous êtes encore trop inconscient. Vous feriez des bêtises avec. Je pense qu’un physicien quantique discuterait avec un chaman, il ferait de grandes découvertes.

Michael — Vous êtes en train de nous dire que le quotidien est le miroir de notre intérieur ?

Éric — On a souvent à faire à des gens dans notre société moderne, et ils n’en peuvent rien. Je suis encore parfois comme ça, donc je ne jette pas la pierre. Qui sont happé à l’extérieur d’eux même. Tout est fait pour ça. La consommation, les écrans, tout ce qu’on veut. Donc ils n’ont plus de vie intérieure. Et quand la vie, soit vous envoie des épreuves un peu compliquées, par exemple, la maladie, l’accident ou peut importe quelle tension dans sa famille. Ou qu’on se rapproche de notre fin de passage sur Terre. Le vide intérieur peut devenir très angoissant parce qu’on se rend compte qu’on s’est construit que sur un l’heur. Je ne sais plus quel sage indou a dit, je vais cacher un trésor extraordinaire dans un endroit où les humains ne le trouveront jamais, c’est bien entendu à l’intérieur d’eux même. Tout est écrit en nous. Mais pour ça il faut s’ouvrir, on revient à la question du temps. Des espaces d’introspection, des espaces où nous ne sommes pas happés par un écran. On peut sentir le vent et comprendre le souffle. On peut sentir et voir l’eau et comprendre le sang. On peut sentir la structure des roches et comprendre le corps. Et on peut refaire des analogies et comprendre qu’on est un petit quelque chose dans cette espèce de grande dynamique qu’est le vivant. Et qu’il faut juste danser avec, mais ce n’est pas évident parce que dans notre monde tout est fait pour ne pas danser avec. Donc quand on résiste contre quelque chose, c’est là qu’on crait des maladies.

Michael — Pourriez-vous dire que notre quotidien est notre meilleur formateur ?

Éric — Ma maman qui est une bonne enseignante pour moi, a une jolie phrase qu’elle partage à mes enfants qui est de dire : est-ce que la personne qui est en face de moi est vraiment avec moi, ou c’est une machine. C’est-à-dire, est-ce qu’elle est là en présence ? Dans son intention, du regard qu’elle porte sur les choses. De la manière qu’elle dit bonjour à quelqu’un dans a rue, ou est-ce que c’est un réflexe ? Et au final, tu n’es pas vraiment là, tu ne fais pas vraiment les choses, et tu ne t’habites pas. Généralement à de petites échelles ça va… on casse un verre, on rate une marche, on se tord une cheville. Il y a plein de petits signes qui disent ho ho, tu n’es pas vraiment là. Puis si on continue de ne pas s’habiter, on peut très vite à arriver à l’accident de voiture. Voilà, ça peut très vite dégénérer, et aider à se poser les bonnes questions. Donc j’aime bien cette idée de dire : habite-toi ! Et du coup, quand tu t’habites, dans notre monde tout devient tout un coup sacré et magique. Ce n’est pas facile, car notre monde ne le permet pas, ne l’autorise pas, ne le voit pas. Mais ce n’est pas très compliqué non plus.

Michael — Selon vous, comment pourrait-on intégrer la connaissance des Kogis au sein de notre culture ?

Éric — Je pense que la nature est une enseignante généreuse et magnifique. Que ce soit Léonard de Vinci, Gaudi, Elisée Reclus, Hubble, tous on fini par comprendre que tout était dans la nature. Et qu’il fallait juste se mettre à son écoute. Le seul conseil que je donnerais, c’est passez du temps en nature. Mais passez du vrai temps en nature. C’est bien déjà d’aller se promener, de parler aux arbres… Mais vivre en nature, c’est à dire qu’on est obligé, on a un enjeu de survie. On va être beaucoup plus attentif aux éléments. Et ça va nous inviter à revenir dans une présence. Si je dois dormir quelque par dans la forêt, il faut bien que je commence à observer le lieu. Et si je me mets n’importe ou peut être que s’il pleut, je vais me mettre exactement dans un endroit ou l’eau coule. Ou la foudre peut passer… Le fait de vivre un lieu, et les Kogis font ça, ils cultivent, ils font leur maisons, ça les oblige à repérer les essences d’arbre. Ça oblige au présent, et au final ça oblige à la simplicité. C’est très compliqué de faire simple, vivre simple. Yung avait bien compris ça, il vivait en face du lac de Zurich, ou je ne sais plus où exactement. Et il s’était fait une cabane là-bas où il n’avait pas d’eau, pas d’électricité. Pour s’obliger par rapport à son travail de psy en cabinet à revenir à cette simplicité. Donc j’inviterais juste les gens, en se faisant accompagner avec de gens bienveillants à reprendre contact avec la nature, avec un enjeu de vis. Même si déjà le plaisir c’est bien. Mais avec humilité…

Michael — Si vous veniez d’une autre planète, et que votre mission était de transmettre un message aux Terriens pour les aider. Ce serait lequel ?

Éric — Chantez, dansez, écrivez de la poésie. Je ne marche pas sur l’eau je suis trop lourd, alors je dirais, aimez-vous les uns les autres. Même si ce n’est pas pour vous, c’est pour les enfants qui vont venir. Je crois vraiment dans la vertu de l’art pour libérer les âmes. Libérez vos âmes. N’ayez pas peur. Ma grande tante a été raflée par les Allemands en quarante-quatre, elle était à Auschwitz. Elle n’est pas morte, elle s’en est sortie, c’est pour ça qu’elle me l’a raconté. Elle m’a dit, la joie et la poésie m’ont sauvé. Alors si elle dit ça à propos d’Auscwitz, je pense que la joie et la poésie ont des vertus que l’on n’imagine pas.

 

Le site web est en travaux durant quelques semaines…

Le site web est en travaux durant quelques semaines…

Bonjour à tous,

Afin de faire évoluer ce site avec mon évolution personnelle, je vous informe qu’il sera en travaux durant quelques semaines. Il est donc possible que plusieurs articles et vidéos ne soient plus accessibles temporairement. Le site va changer de nom de domaine, sa nouvelle adresse sera « www.formation-accompagnement-sante.com ». Il restera néanmoins accessible avec l’ancienne adresse « www.douleur-et-bonheur.com ».

Son contenu va évoluer lui aussi, je vous laisse le découvrir au fur et à mesure.

Merci pour votre compréhension.

Prenez bien soin de vous !

Michael

Comprendre et écouter notre planète – Rencontre entre la tribu Kogi et un géobiologue

Comprendre et écouter notre planète – Rencontre entre la tribu Kogi et un géobiologue

Philippe Cissé nous partage sa rencontre avec les indiens Kogis. Il a eu le privilège de partager un diagnostique croisé de territoire avec une communauté de scientifiques (Ingénieur agronome, architecte, médecin, archéologue, anthropologue etc…) dans lequel ils ont allié leurs compétences pour voir comment les occidentaux pourraient travailler afin d’étudier notre écosystème avec un angle de vue plus large. Les Kogis nous expliquent alors qu’il est important d’apprendre à écouter, et comprendre la Terre pour se créer une vie plus équilibrée et en symbiose avec notre écosystème. 

1/ Interview de Philippe Cissé

https://youtu.be/V9dmCn-BbWg

 

 

La douleur me guide – Finaliste Ninja Warrior 2019 et sportif de haut niveau – Charles Brunet

La douleur me guide – Finaliste Ninja Warrior 2019 et sportif de haut niveau – Charles Brunet

Charles nous montre qu’il est possible de se surpasser pour traverser une expérience que notre culture nous pousse trop souvent à nier. Guidé par la douleur, la passion et une motivation inébranlable, il réalise des prouesses en créant un lien de confiance et fusionnel avec son corps et ses ressentis. 

1/ Interview de Charles BRUNET

 

« Tu comprendras ta douleur » de Martin Winckler et Alain Gahagnon

« Tu comprendras ta douleur » de Martin Winckler et Alain Gahagnon

Avis douleur et bonheur

Tu comprendras ta douleur est un des livres les plus complets au sujet de l’humain et sa relation à la douleur. Sa structure est extrêmement bien faite, dans une première partie M Winckler et A Gahagnon vous expliquent dans les moindres détails ce qu’est la douleur. Ils consacrent une grosse partie de ce chapitre à vous expliquer comment votre corps produit la douleur, à la fois techniquement mais aussi psychologiquement. Vous découvrez à quel point le corps peut être un système complexe. Mais un système que l’on peut comprendre et prendre en mains quelque soit l’âge et le sexe.

Dans une deuxième partie, ils prennent des cas concrets tel que le mal de tête, le mal dans la poitrine, le mal de dos, les douleurs fantômes… et vous exposent en trois parties chacune d’elles. Dans une première ils décrivent exhaustivement les symptômes et sensations qui peuvent être caractéristiques de ce type de soucis, dans une seconde partie ils exposent les critères de diagnostiques, et enfin ils montrent les différentes possibilités de traitement.

Et enfin ils consacrent toute la 3eme partie du livre à expliquer les différentes techniques existantes qui peuvent aider à soulager les douleurs en général : l’effet placebo, les traitements médicamenteux, les traitements non médicamenteux, les médecines alternatives…

Ce livre est un outil indispensable à qui expérimente la douleur. Car soigner la douleur, c’est permettre à celui qui l’expérimente de la comprendre. Alors il lui donnera un sens et une valeur qui la transformera en un précieux guide dans sa vie.

Résumé en quatrième de couverture

A quoi sert la douleur ? Pourquoi notre corps nous fait-il mal – parfois sans raison valable ? Pourquoi peut-il être si difficile de faire entendre qu’on souffre ? Sans toujours parvenir à être soulagé.

Ces questions, tout le monde se les pose. Mais aujourd’hui, en France, il n’est pas toujours possible d’y trouver réponse.

La douleur est un domaine immense et complexe : ses mécanismes varient selon qu’il s’agit d’une douleur utile, passagère, ou chronique et invalidante. Il en va de même pour ses nombreux traitements (Médicamenteux et autres) : il est parfois difficile de distinguer leurs effets, leurs limites, et les mythes qui les entourent. Enfin, la douleur est intime et propre à chaque individu. D’où l’importance de faire le point sur la douleur, ses fonctions, ses remèdes, mais aussi sur ce qu’on aborde jamais ou presque : Les préjugés, les inégalités, les insuffisances, les brutalités.

Rédigé par deux médecins formés à l’écoute du patient-e-s, ce livre plaide pour une prise en compte de la douleur dans toutes ses dimensions : physique, psychique, sociale, familiale et intime. Il a été écrit pour les personnes qui souffrent, celles qui les entourent et celles qui les soignent – car comprendre la douleur est le premier pas pour s’en libérer.

Traverser paisiblement la douleur chronique (3) – Trouver son propre confort

Traverser paisiblement la douleur chronique (3) – Trouver son propre confort

Dans l’article précédent: Traverser paisiblement la douleur chronique (2) – Créer son cercle de confiance.

Nous avons vu que se construire un cercle de confiance est primordial pour bâtir de bonnes bases à la reconstruction d’un équilibre de vie. Cela passe par la communication avec ses proches, avec ses collègues, les professionnels de santé et toutes les personnes qui font partie de votre vie. Si vous n’avez pas lu l’article (2), il est préférable que vous le lisiez avant celui-ci, vous trouverez le lien plus haut

Maintenant nous allons passer à une nouvelle étape, celle qui vous permet de trouver un certain confort au milieu de tout ce remue-ménage.

Trouver son propre confort

   Sommaire:

  1/ Introduction

  2/ Le confort psychologique

  3/ Le confort physique

1/ Introduction

Lorsque l’on traverse ce type d’expérience, il y a deux types de confort à entretenir régulièrement, qui sont : le confort psychologique et le confort physique. Ils vont être votre base tout au long de votre apprentissage de la douleur et du corps. Sans eux, vous ne pourrez espérer avancer sereinement et efficacement au sein de votre expérience.

Pour entretenir ces deux notions il y a une chose primordiale à savoir : vous êtes unique.

Autrement dit, ce qui vous convient à vous, peut ne pas convenir à un autre, et vice versa. Donc l’objectif va être de construire autour de vous et à l’intérieur de vous l’atmosphère le plus confortable et propice à votre confiance. Pour ça il n’y a pas de secret, il va falloir vous plonger à l’intérieur de vous. Si vous n’êtes pas habitué à ça, ce sera sans doute votre premier exercice d’introspection. Et lorsque l’on n’est pas habitué, ça peut secouer un peu. Voir même vous paraître étrange ou inutile. Ne vous inquiétez pas, et surtout ne stoppez pas, car c’est encore un signe que vous êtes sur le bon chemin. C’est de cette façon que votre être et votre corps entrent en phase de transformation (Ceci fera l’objet d’un article spécifique).

Il est difficile dans notre culture de se tourner vers soi sans ressentir un arrière sentiment d’égoïsme. C’est normal, on a été bercé la dedans. Mais il est temps de changer ces réflexes. Prendre du temps pour soi, c’est se donner du temps pour peaufiner son équilibre de vie, et pouvoir encore mieux partager avec les autres par le suite.

Si vous ne prenez pas du temps pour vous, vous ne pourrez pas aider les autres de façon authentique et équilibré.

Comme je le disais, il y a deux notions à entretenir. Alors commençons par la première :

2/ Le confort psychologique

Le moral est souvent dans les savates au bout de quelques mois de douleur chronique. C’est encore une fois normal, vous êtes en train d’assimiler et de prendre conscience d’un message important. Et cela vous travaille beaucoup. Vous entrez dans cette phase de transformation qui peut paraître très instable.

Sachez que la transformation a pour vocation d’être instable, car elle vous permet de moduler vos croyances et représentations.

Si elle était stable, elle ne servirait à rien, car elle ne vous permettrait pas de bouger les choses. Et quand tout devient instable, il est nécessaire d’aller chercher un outil adéquat pour aider à stabiliser temporairement tout ça. C’est là que l’importance du partage entre en jeu. Il est primordiale que vous puissiez vous confier et échanger sans tabou avec quelqu’un. Ce quelqu’un doit d’être neutre et impartial. Faute de quoi, il pourrait vous influencer ou vous donner des conseils mal venus. Il est souvent préférable d’avoir à faire à quelqu’un que vous ne connaissez pas. Un psychologue, un psychothérapeute, un thérapeute, un éducateur thérapeutique, l’écoutant d’une association… Il existe énormément de solutions pour se faire accompagner. D’ailleurs je tiens aussi à vous partager ce qui suit, c’est une notion extrêmement importante pour votre vie de tous les jours. Être accompagné psychologiquement c’est un besoin vitale pour tout être humain, qu’il soit malade ou non. La société d’aujourd’hui s’est construite sur la croyance que l’accompagnement n’est fait que pour les gens malades ou dans le besoin, pour ne pas dire les gens faibles. C’est une croyance totalement infondée.

Le partage est la richesse la plus importante de la vie humaine. Nous avons quotidiennement besoin de partager pour se permettre d’évoluer. Dans le cas contraire, en restant seul dans nos croyances et représentations, nous serons condamné à stagner dans une vie pas toujours équilibrée.

Prenez l’exemple des sportifs de haut niveau. J’ai eu l’occasion d’interviewer la championne paralympique Marie-Amélie Le fur. Juste après l’interview est arrivé un homme, qui était sont préparateur sportif. Puis ensuite elle avait rendez-vous avec une deuxième personne, son préparateur mental. Cette femme est très entourée pour se permettre d’être performante dans son domaine. Lorsque c’est pour un grand sportif tout paraît normal au grand public, mais quand c’est pour eux, les gens voient ça comme une faiblesse.

Alors sortez de cette croyance et donnez-vous toutes les clés pour réussir.

Allez chercher une personne de confiance pour vous confier, c’est primordiale. Il peut arriver que vous n’ayez pas les moyens de payer une personne pour ça. Tournez-vous alors vers d’autres solutions comme les associations. De nombreuses associations ont maintenant une équipe de bénévoles écoutants qui sont là pour répondre à vos questions et vous guider dans vos inquiétudes. Je suis moi-même écoutant dans une association depuis maintenant de nombreuses années. Encore une fois, attendez-vous à ne pas trouver chaussure à votre pied dès le premier rendez-vous. C’est d’autant plus vrai dans ce type de domaine qui est basé uniquement sur la relation humaine. Il est fort probable que vous ayez besoin d’en voir plusieurs pour trouver la perle rare. Moi-même au début j’ai dû voir trois personnes avant de tomber sur celle qui partageait mes valeurs et mes besoins. Et il faut du temps pour se rendre compte ou non si la personne est faite pour vous. Moi il m’a fallu 6 mois avant que je puisse ressentir du mieux dans nos échanges. Au départ je ne voulais pas y aller, la plupart du temps on n’aime pas partager nos problèmes, on est beaucoup trop pudique pour ça. C’est encore dû à un conditionnement non fondé.

Alors laissez-vous le temps d’échanger avec cette personne et vous en faire une idée.

3/ Le confort physique

Je ne sais pas quelle est votre pathologie, mais il est indispensable que vous trouviez un équilibre physique qui puisse vous permettre de gérer la douleur.

Pour cela, les deux outils sont, l’écoute et le corps.

Il sont les seuls qui puissent vous donner ce type d’information. Pour cela, il faut réapprendre à l’écouter. Nous en parlerons plus en détail dans un autre article, mais sachez que l’écoute du corps n’est pas quelque chose qui s’apprend. Mais quelque chose qui se réapprend. Car nous l’avons tous en nous depuis notre plus jeune age. Lorsque vous étiez enfant, vos humeurs et réactions n’étaient guidés que par ça. En grandissant vous et votre mental avez créé des croyances du type « Quand on est un mec on ne pleure pas », « C’est être faible de montrer qu’on a mal » « quand on est une fille bien élevée on n’exprime pas ses rancœurs » … Que des constructions mentales qui vous emmènerons droit au mur si vous en dépendez un peu de trop.

Ici l’idée c’est de sortir du cercle vicieux lié au regard des autres et accepter qu’aujourd’hui vous avez besoin de tel, ou tel matériel pour vous sentir mieux.

Ce besoin ne reste que temporaire, mais pour le moment vous en avez besoin. Je parle en connaissance de cause. J’ai une pathologie qui touche le petit bassin. Pendant deux longues années, je souffrais d’autant plus car je n’avais pas le courage d’emmener mon coussin thérapeutique partout où j’allais (Travail, voiture etc…). Ce n’est qu’au bout de deux ans que j’ai accepté que les autres le voient. Et vous savez-quoi, la première personne qui m’en a parlé m’a dit la chose suivante : « Salut Michael, dis, je te regardais tout à l’heure, ça va faire bientôt 2 mois que tu prends ton coussin pour t’asseoir et je me disais la chose suivante. Maintenant on ne le voit même plus, c’est un peu comme-ci il faisait parti de toi ».

Ce que m’a appris cette personne à ce moment là c’est que les gens voient ce que vous n’acceptez pas chez vous.

Votre posture, votre façon d’être vous poussera à montrer au gens ce que vous ne voulez pas qu’ils voient. Alors pas d’inquiétude à ce sujet, plus vous savez qui vous êtes et ce dont vous avez besoin, plus les autres vous accepteront comme vous êtes. Et dans le cas ou ils ne le font pas, dites vous que c’est la preuve que ces personnes ont, elles aussi quelques problèmes à régler chez elles. Et je vous assure, on en a tous, moi le premier, c’est ça le bonheur de vivre, apprendre à se connaître un peu plus chaque jour qui passe.

La suite au prochain article…

Traverser paisiblement la douleur chronique (2) – Créer son cercle de confiance

Traverser paisiblement la douleur chronique (2) – Créer son cercle de confiance

Dans l’article précédent: Traverser paisiblement la douleur chronique (1).

Nous avons vu ce que la douleur peut représenter pour vous. Votre façon d’interpréter le monde n’est pas toujours là pour vous aider. C’est un point primordial à travailler lors d’une expérience de santé comme vous vivez en ce moment. Car vos représentations manipules souvent votre état d’être sans que vous en soyez conscient. Si vous n’avez pas lu l’article, je vous invite à le lire avant celui-ci. 

Maintenant nous allons passer à une second étape, qui, elle aussi a une grande importance dans votre rétablissement. C’est votre relation aux autres. Savoir s’entourer, être capable de créer son cercle de confiance, c’est une des clés de votre rétablissement. 

Créer son cercle de confiance

   Sommaire:

  1/ Introduction

  2/ La communication

  3/ La douleur et son pouvoir d’invisibilité

  4/ A la recherche du bon médecin

Introduction

La première base à mettre en place au début de la douleur chronique, c’est de palier au renfermement qui s’impose à vous. La douleur qui résonne en vous et que personne, à ce jour n’a réussi à faire partir, a le pouvoir hypnotisant de vous faire sombrer dans la solitude. C’est un réflexe totalement normal que tout le monde ressent dans ces moments là. L’objectif de cette article n’est pas d’exposer le pourquoi de la solitude, mais il faut savoir que plusieurs facteurs rentrent en jeu dans ce processus, mais ne nous éparpillons pas. L’idée ici c’est de prendre conscience que la solitude ne vous aidera pas, bien au contraire. Nous les humains sommes fait pour vivre ensemble, Christopher McCandless l’avait d’ailleurs souligné au travers de son histoire et du film « Into the wild », où il écrit sur son journal lorsqu’il est proche de la fin : « Le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé ». Votre guérison en fait partie. C’est en équipe que vous trouverez le chemin pour vous relever et franchir cette expérience qui se présente à vous. Aujourd’hui, il n’y a pas d’autres solutions, vous devez la traverser. Donc l’idéale c’est de la traverser le plus paisiblement possible. Et pour cela il faut savoir s’entourer.

Ce qui est rassurant c’est que c’est possible. Et ce qui est encore plus rassurant, c’est que si vous avez l’audace de parcourir cette expérience de cette façon, elle vous emmènera bien plus loin et bien plus haut que ce que vous pourriez imaginer.

La communication

Donc plus de tabous, la douleur est là et il ne sert à rien de la cacher. Cela ne fera qu’empirer les choses. Et pour que cela n’empire pas, je vais vous donner un outil secret qui, à coup sûr, vous aidera à faire que vos relations avec votre entourage sera le plus fluide possible. Cet outils c’est… la communication. Vous vous attendiez peut-être à un truc extraordinaire ? Et bien vous aviez raison, la communication est bien un outil extraordinaire. C’est juste le genre humain qui ne la voit pas sous sa vraie valeur. Savoir bien communiquer, c’est la clé de presque tous vos problèmes. Lorsque vous savez communiquer, peu de choses seront difficiles à traverser dans votre vie.

Il y a deux barrages à la communication dans votre situation, le premier c’est vous, et le deuxième c’est l’autre.

Vous, car selon la pathologie que vous avez, il va falloir avoir le courage et l’humilité de braver la gène, voir même la honte. Et les autres, parce que leurs regards ou leurs remarques peuvent vous affecter. Lorsque l’on a une pathologie, on est souvent considéré comme différent. Et cette différence vous fait peur, c’est normal. C’est une réaction naturelle qui est d’autant plus forte en occident avec une culture qui aime juger et comparer. Mais dites vous une chose, ce n’est en aucun cas une réalité. Vous êtes tout ce qu’il y a de plus normal. Même si, je vous avoue, on ne sais pas réellement ce que « normal » veut dire (Je vous laisse vous en faire une idée). Vous êtes une personne comme toutes les autres. Et il n’y a aucune honte ou peur à avoir de ce que vous êtes en train de vivre. Bien au contraire, si vous acceptez d’écouter ce que la vie vous offre aujourd’hui, je peux vous assurer que vous aurez certainement prochainement un temps d’avance sur tous ceux qui pensent que c’est honteux.

Alors n’hésitez pas à en parler à vos collègues, à votre hiérarchie, sans pour autant les harceler avec ça. Mais il est important qu’ils soient informés. Sans cela, ils vont avoir tendance à ce créer des films sur vos absences ou autres événements et cela ne fera qu’envenimer l’atmosphère de travail.

Dans la famille c’est pareil, mettez les gens au courant. Vous le savez peut être déjà, mais avec la douleur chronique on a envie de dire toutes les dix seconds qu’on a mal. Alors expliquez-le en tête à tête avec la personne qui partage votre vie, vos enfants, vos coloc etc… Expliquez-leur: « qu’il est possible que vous soyez parfois un peu tendu et souvent en train de répéter les mêmes choses. Mais que cela ne veut pas dire que vous attendez une réponse de leur part . Ça vous fait juste du bien de le dire». Mais je tiens à ajouter une petite vigilance à cela. Je la développerai dans un prochain article. Mais parfois les mots peuvent provoquer des maux.

Alors soyez vigilent à ne pas trop répéter des choses du genre « J’ai mal », car cela ne vous aidera pas. C’est comme tout, il faut le bon équilibre, le dire un peu fait du bien. Le dire trop fait du mal.

La douleur et son pouvoir d’invisibilité

La douleur à un autre pouvoir, c’est celui de l’invisibilité. En effet elle ne se voit pas. Et vue qu’elle ne se voit pas, elle provoque souvent une incompréhension, voir même un scepticisme dans notre entourage, c’est une réalité. Dans ce cas là, pas de problème, on communique. Il est aussi judicieux, par exemple, d’aller chercher des sites d’association et de montrer à son entourage que vous n’en faite pas un cas particulier. Que tout le monde à tendance à réagir comme vous. Et je vous rassure, votre réaction est tout à fait normal.

C’est normal d’avoir peur, c’est normal de se sentir seul, c’est normal de rien comprendre à ce qui nous arrive. Vous êtes sur le bon chemin.

Comme je le disais, il est aussi très important que vous vous rapprochiez des associations. Elles sont toute à but non lucratifs « Normalement » et donc de bons conseils sur les praticiens les plus à même de répondre à vos besoins. Car le diagnostique en douleur chronique, vous le savez aussi bien que moi, c’est assurément une longue traîne. Les pathologies chroniques, c’est nouveau pour la majorité des médecins. Ils se retrouvent souvent le bec dans l’eau face à votre souci. Alors s’il ont du tact, il vont savoir vous le dire humainement, mais certains n’y vont pas par quatre chemins et vous disent la réponse à tout faire : « C’est dans votre tête ». Vous la connaissez si bien cette réponse ! Et vous savez le pire, c’est que dans certains cas particuliers, ils ont raison. Mais ils ne savent pas vous l’expliquer comme il faut. Car il arrive parfois que la douleur soit générée par un dysfonctionnement du système nerveux. C’est à dire que la douleur est là, mais le problème n’est pas là, c’est simplement le cerveau qui est resté bloqué sur « ALERTE ». On appelle ça une douleur dysfonctionnelle. Et ça, ça peut se travailler, il y a maintenant des solutions formidables pour le gérer, les exercices de neuroplasticité par exemple.

A la recherche du bon médecin

Tout ceci pour vous dire qu’il faut absolument que vous trouviez chaussure à votre pied d’un point de vue médecin. Et cela peut prendre du temps, mais ça fait partie de votre mission, s’ouvrir aux autres pour trouver la perle rare. N’oubliez-pas que les médecins sont aussi des humains. Et chaque humain est particulièrement singulier. Notre différence à chacun fait que le relationnel peut bien passé avec l’un, mais pas avec l’autre. Et ce n’est pas pour autant que l’autre est un mauvais médecin. C’est juste que le lien entre vous ne se fait pas. C’est pareil pour les psychologues, psychothérapeutes, thérapeutes etc… C’est à vous de sentir si ça va le faire ou non. Et je l’avoue, cela peu prendre du temps. Mais il faut y croire et vous verrez, ça viendra. D’ailleurs, en petite aparté, ne croyez pas qu’un seul médecin pourra trouver remède à votre souci.

Comme je vous le disais dans l’article précédent, la solution de votre douleur se trouve dans l’équilibre de multiples facteurs que vous allez découvrir par vous même et apprendre à prendre en main.

Les professionnels de santé sont simplement là pour vous aider, ou vous guider. Ils n’ont pas de baguette magique, pas ceux que je connais en tout cas.

Traverser paisiblement la douleur chronique (1) – Nos représentations

Traverser paisiblement la douleur chronique (1) – Nos représentations

 

Vos débuts avec la douleur et vos représentations

   Sommaire:

  1/ Introduction

  2/ Travailler ses représentations

1/ Introduction

A première vue, la douleur chronique parait un compagnon plutôt difficile à gérer. Mais il ne faut pas tout de suite sombrer dans ce type de penser. Même si, effectivement, aujourd’hui elle vous freine plus qu’elle ne vous fait avancer. Elle cache derrière ce costume sombre, de tout autres pouvoirs qui pourraient bien vous permettre d’avancer plus vite que vous ne puissiez l’imaginer. Pour cela, il va falloir laisser venir le changement.

Car oui, la douleur chronique est annonciatrice de grands changements, et ces changements ne sont pas là par hasard.

En effet, le changement survient quand l’état d’équilibre n’est plus. Contre toute attente, même si nous imaginons être dans une vie posée où tous se passe bien, il arrive parfois qu’au fond de soi, tout ne soit pas si posé. C’est là que le corps rentre en action. Il va tenté de rentrer en communication avec vous. Si le message est écouté, il retrouve son état d’équilibre et continue son chemin. En revanche, si ce message n’est pas écouté, dans un premier temps «  Il fait tampon ». Après tout, ça peut arriver de ne pas tout capter. Durant ce laps de temps, il va tout de même tenter d’envoyer des petits messages, des petits signes. A vous de les percevoir. Pourtant souvent ces messages ne sont pas perçus et il doit continuer de faire tampon, alors arrive la saturation. A ce moment là, pour lui l’objectif premier c’est de sauver les meubles, il lance la procédure d’urgence.

Voilà qu’apparaît au fin fond de votre corps une douleur qui, pour vous, sort de nulle part, mais pour lui, a un sens bien précis. C’est cette claque, cette douche froide qui vient de vous tomber dessus.

La douleur chronique est le résultat d’un équilibre de vie global. Vous ne pourrez la faire disparaître si vous vous contentez seulement d’agir sur elle. Il va falloir agir sur plusieurs autres facteurs pour pouvoir la traverser paisiblement et peut être un jour réussir à faire qu’elle s’en-aille. Voyons ensemble les acteurs principaux de cette aventure à la découverte de soi !

2/ Travailler ses représentations

La douleur est pour beaucoup un tableau noir. C’est normal on vous a toujours éduqué comme ça. Dès que la douleur était là, il fallait s’empresser de la faire disparaître avec toutes les potions chimiques que nos grandes firmes pharmaceutiques font naître chaque jour. Mais ce qu’on oublis en agissant comme ça, c’est que la douleur est peut-être là pour quelque chose. Avec un peu de recul, on s’aperçoit que tout l’écosystème que forme la vie ne se contente pas de créer les choses comme ça par hasard.

Chaque élément a sa mission pour permettre l’équilibre de la vie. Pourquoi la douleur n’en ferait-elle pas partie ?

A vrai dire, chez l’humain c’est encore un petit peu plus compliqué. Car il a une faculté que les autres êtres vivants n’ont pas. Il peut croire en faisant travailler son mental. (B.H Lipton – la biologie des croyances) Croire c’est comme créer un filtre qui va permettre au corps d’interpréter et d’agir en fonction de ce qu’il lui est envoyé (1). Je viens de vous l’expliquer grossièrement, mais l’idée est là. C’est à dire que pour l’humain, la douleur est ce qu’il en fait. Si vous la voyez comme un problème, vous la vivrez comme un problème. Mais si vous la voyez comme une solution, alors elle deviendra votre solution. C’est un domaine extrêmement intéressant qui nous a permis de découvrir cela, ce domaines c’est : l’épigénétique.

Continuer à voir la douleur comme un mal qu’il faut éradiquer c’est faire abstraction de l’équilibre de votre corps.

Mais ne tombons pas dans l’extrême opposé. La douleur reste une phase de transition dans la vie de l’homme. Elle ne doit pas devenir un état d’équilibre, car elle n’est pas faite pour ça. Donc oui, l’objectif va être de la faire partir, mais pas le plus vite possible, et encore moins sans l’avoir écoutée. De toute façon si vous ne l’écoutez pas, elle ne partira pas. Au mieux elle disparaîtra temporairement mais réapparaîtra à coup sûr. Donc l’idée à partir de maintenant, c’est de plonger dans cette transformation de vie en structurant quelques bases pour pouvoir par la suite se laisser guider par son corps.

La suite au prochain article…

Voici une nouvelle série d’articles du site www.formation-accompagnement-sante.com où nous allons traiter le sujet suivant: Traverser paisiblement la douleur chronique. Cet article est disponible en version écrite et prochainement sous forme de podcast et vidéo.

(1) B.H Lipton, la biologie des croyances, édition 10eme anniversaire, Québec: Flammarion, 2016

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